Panorama animation
L’imaginaire confronté au réel

 

2008 a encore été une année importante pour la diffusion du cinéma d’animation d’auteur avec la présentation en compétition à Cannes puis la sortie couronnée de succès de Valse avec Bashir qui a succédé au triomphe de Persepolis l’an dernier. Les amateurs du court métrage n’ont toutefois pas eu besoin d’attendre la consécration méritée des longs métrages de Ari Feldman et de Marjane Satrapi pour apprécier la puissance d’évocation et la beauté formelle que dégage l’art de l’animation. Et ils auront vite fait de reconnaître, à travers le cru 2008 de notre sélection, composée d’une vingtaine d’oeuvres, cette même envie de traiter du réel en faisant appel à l’imaginaire.

En font foi un grand nombre de courts métrages dont Lies du Suédois Jonas Odell qui a recueilli les témoignages de trois personnages (un voleur, un enfant et une femme narcomane) qui racontent comment le mensonge est entré dans leur vie. Illustrant leurs propos avec une technique différente, Odell nous fait plonger, à chaque révélation, dans un univers mental propre à chacun d’entre eux. Plus foisonnant encore est le style retenu par le Français Patrick Pleutin qui signe avec Bâmiyân une étonnante fresque picturale mêlant un ensemble de techniques qui raconte la découverte par un moine bouddhiste des fameuses statues détruites par les talibans en Afghanistan.

Également ancré dans le réel, My Grandmother Beijing nous transporte dans la capitale chinoise défigurée par la fièvre immobilière, telle la grand-mère du réalisateur soumise aux « miracles » de la chirurgie esthétique. Très belle métaphore joliment évoquée en pâte à modeler. Autre lieu visité, et fortement disputé, la Terre sainte dans un film au ton nettement politique, Le Coeur d’Amos Klein, qui dénonce la dérive militariste empruntée par l’État d’Israël. Également au menu, l’avenir de la planète, tel qu’imaginé de façon spectaculaire par Marc Craste dans Varmints et par des étudiants virtuoses de l’école Supinfocom dans Marin.

Il y aura aussi, bien sûr, place à l’humour dans notre sélection. Réjouissances garanties grâce aux animateurs britanniques, toujours aussi inspirés et drôles comme Matthew Walker dont nous avons tenu à présenter les deux derniers films Operator et John and Karen, des morceaux d’anthologie dont la finesse et l’ironie sont une vraie jubilation. Dans la même veine, Procrastination s’amuse à tourner en dérision cette quasi pathologie tandis que le Français Jérémy Clapin dans Shkizein, exploite, avec moult inventions une folle idée, celle d’un homme qui se retrouve littéralement à côté de ses pompes. Et si voulez vraiment rire, ne manquez surtout pas KJFG No 5, un petit bijou de simplicité et d’absurde.

 

 

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