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Fatih Akin, de notre côté…

En recevant au mois de septembre dernier le Prix Spécial du Jury à la Mostra de Venise, Fatih Akin a prouvé, si besoin était encore, combien son cinéma compte désormais dans le paysage européen, et même mondial. Son film précédent, le beau De l’autre côté, lui avait d’ailleurs déjà permis de se distinguer à Cannes, où il décrochait en 2007 un Prix du scénario, après un Ours d’or à Berlin attribué trois ans auparavant à Head-On. Cette moisson de récompenses à travers les principaux festivals
internationaux couronne une ascension fulgurante, celle de l’un des plus talentueux – et fantasques – talents révélés ces dernières années sur le Vieux continent. Né en Allemagne de parents turcs, Fatih Akin incarne, à trente-six ans seulement, une image idéale de l’Europe actuelle et future, colorée et riche de ses différentes cultures, libertaire et rock’n’roll, moderne et de mentalité ouverte

Cette cohérente oeuvre “in progress” se révèle particulièrement adaptée à une rétrospective d’une remarquable variété, remontant jusqu’aux débuts du cinéaste dans le format de court métrage, alors qu’il était étudiant dans une école de cinéma réputée, celle de sa ville natale, Hambourg. Pas mal de chemin a été parcouru jusqu’à ses plus récents grands succès, incluant en outre un travail suivi dans le domaine du documentaire. Outre le décoiffant Crossing the Bridge, le jeune réalisateur avait auparavant signé un film d’une heure très peu diffusé en France, Denk ich an Deutschland / Wir haben vergessen zurückzukehren, en attendant de nous proposer dès les premiers mois de 2010 un tout nouveau film documentaire qui s’annonce plutôt engagé, Garbage in the Garden of Eden, tourné en Turquie au bord de la Mer noire.

S’il est toujours périlleux de cerner trop sommairement les préoccupations d’un auteur – qui plus est aussi foisonnant ! – il apparaît pourtant clairement que sa manière d’envisager le motif des racines, les mouvements de population, les amours “mixtes” ou les métissages culturels fait de Fatih Akin un possible visionnaire du XXIe siècle, qui porte sur le monde un regard susceptible de devancer son évolution, tantôt avec âpreté et tantôt sur un mode plus souriant (voir cette solaire comédie romantique qu’est l’inédit Im Juli), mais toujours avec conviction et tonicité.

Christophe Chauville

 
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