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À l’occasion du 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, le festival met le cap sur l’Europe centrale et de l’Est, vaste territoire qui regroupe six pays, qui ont tous, chacun à leur façon, marqué l’évolution du septième art et donné des cinéastes importants et ce, malgré le rideau de fer qui s’est abattu sur eux après la Seconde Guerre Mondiale. |
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Précurseur du mouvement de libération et d’émancipation du joug stalinien, la Pologne occupera le devant de la scène de ce Focus avec cinq films sélectionnés, illustration de la vigueur créatrice qui anime le pays de Wajda et de Kieslowski, notamment au sein de la célèbre école de Lodz d’où sont sortis les plus grands. Une ironie fine et mordante (Malzonkowie, Historia o Braku), un regard acide (Co mowla lekarze), un réalisme à la fois brutal et humaniste (Echo, Luksus) : les réalisateurs polonais manient bien l’art de la distance et révèlent, sans complaisance, les failles d’une société qui ne se fait plus d’illusions sur les miracles supposés du capitalisme. Prenant leur distance par rapport au politique, ils se penchent d’ailleurs davantage sur la complexité des rapports humains et familiaux. Pays en plein boom créatif, la Roumanie a attiré les regards de la cinéphilie mondiale depuis que Cristian Mengiu a remporté en 2007 la Palme d’or à Cannes avec 4 mois, 3 semaines, 2 jours. Amorcée quelques années plus tôt, cette vague a rejailli sur le court métrage (ou n’en a-telle pas plutôt été le précurseur ?) qui compte désormais des perles du genre. Apartamentul de Constantin Popescu est une délicieuse comédie satirique qui tisse admirablement bien sa toile tandis que Lampa cu caciula est un touchant récit aux accents néo-réalistes. Quant à Marilena de la P7, c’est un bouleversant portrait d’un quartier populaire de Bucarest où un adolescent en pince pour une jeune prostituée. Promis aux plus grands espoirs, son réalisateur Cristian Nemescu a eu le temps de terminer un long métrage California Dreamin’, salué partout, avant de bêtement mourir dans un accident. Du côté des Bulgares, retour sur l’avant 89 avec Omelette qui évoque, avec un sens aigu du détail qui désespère, les conditions kafkaïennes de la survie sous le régime du centralisme bureaucratique et Semeen Portrait qui démontre, avec force sensualité, comment la soumission au pouvoir peut ruiner un couple. Plus imaginatifs, les Tchèques jouent de l’allégorie avec un gros brin de folie dans le très baroque et terriblement sarcastique Radio Kerble qui raille la désinformation en vigueur sous la dictature communiste alors que Jesem letsi alepsi réussit à imaginer un monde futur où des robots servent de remplaçants à des acteurs indociles. Pour sa part, avec Navod na pouzitie, essai satirique destiné à des Martiens (?!), une cousine slovaque s’amuse à illustrer les différentes phases de développement de l’être humain… La Hongrie, quant à elle, est représentée par The Counterpart, un pamphlet contre la guerre, exprimé à travers une histoire d’amour peu conforme aux usages militaires. |
Gros plan sur le jeune cinéma polonais
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